Au secours, je suis mal dans ma peau !

Même si l’eczéma ou le psoriasis ne sont pas considérés comme des infections graves, chaque personne atteinte sait à quel point la souffrance qu’elle endure peut altérer sa vie quotidienne, qu’elle soit personnelle ou professionnelle.
Rappelons que l’eczéma se définit par une sécheresse cutanée intense et des lésions inflammatoires rouges, possédant de petites vésicules qui peuvent se rompre, puis suinter, voire former des croûtes qui provoquent des démangeaisons. Chez l’enfant et le bébé, les principales zones concernées sont les joues, le cou, les paupières, les genoux… Chez l’adulte, elles se situent au niveau du visage, du cou, du cuir chevelu, des mains, des paupières, des plis du coude, des avant-bras et poignets, des zones intimes… La peau s’épaissit et devient comme quadrillée, elle souffre de sécheresse.

T’as vu sa peau ?
La vie quotidienne d’une personne atteinte d’eczéma ou de psoriasis devient vite un fardeau très lourd à porter. On peut même parler de véritable handicap social tant le retentissement sur la qualité de vie est important. Lorsque l’eczéma se situe sur des parties aussi visibles que le visage et les mains, les vêtements ne peuvent le cacher et le regard des autres pèse. Les jugements se transforment parfois en enfer.
Les lésions peuvent provoquer un rejet, un dégoût ou un jugement négatif alors qu’il s’agit d’une véritable maladie. Certaines personnes font part d’empathie, d’autres hésitent à serrer la main par peur de la contagion.
Même les relations avec l’entourage, la famille, le conjoint deviennent compliquées car les proches aimeraient aider la personne qui souffre mais le font souvent maladroitement et leurs conseils sont souvent considérés comme intrusifs par le malade.

Difficile d’avoir une vie sociale dans ces conditions… Les loisirs, les activités sportives sont vite bannies par peur du regard des autres. En effet, les activités plutôt sportives impliquent souvent un effort, donc de la transpiration. Et la transpiration accentue les démangeaisons chez les personnes atteintes d’eczéma ou de psoriasis.

Je serais mieux chez moi
L’eczéma ou le psoriasis peuvent provoquer chez les personnes atteintes une anxiété, un stress qui amplifie encore la maladie et qui peut mener jusqu’à une véritable dépression.
Une mauvaise qualité de vie et un mauvais sommeil sont responsables de cet état d’épuisement. Quand vient le soir, les démangeaisons nocturnes sont de plus en plus fortes, notamment au niveau du visage et du cou, mais aussi des plis du coude, des genoux…. La personne atteinte a du mal à s’endormir, se réveille sans cesse. Lorsqu’elle se lève, elle est fatiguée, irascible et sans énergie. Cela se traduit par une dévalorisation totale et une perte de confiance en soi. C’est une maladie qui est souvent considérée comme psychologique, donc pas prise au sérieux. Il en découle chez la personne touchée un sentiment de culpabilité et de honte qui la pousse à se renfermer, s’isoler, pour ne plus voir personne et pouvoir… se gratter et se gratter encore pour soulager cette sensation désagréable. Et plus elle se gratte, plus elle a envie de se gratter, elle ne peut plus penser à autre chose. Quand l’eczéma et ses démangeaisons provoquent une telle souffrance psychologique, il est vivement conseillé de consulter un thérapeute pour apprendre à gérer ses crises, travailler sur l’acceptation de soi et celle des autres pour retrouver une qualité de vie meilleure.

Sexe : et si c’était contagieux ?
Bien entendu, pour les malades atteint d’eczéma ou de psoriasis, la question est épineuse. La plupart des personnes atteintes pense que les lésions qu’elles présentent est un frein à la sexualité. Le partenaire craint que la maladie soit contagieuse et voit son désir diminuer envers la personne malade. Pour celle-ci, avoir des relations sexuelles implique de montrer son corps et ses lésions, se dévoiler, ce qui implique une grande intimité. La peur d’avoir chaud et transpirer pendant l’acte est également un frein car la chaleur pourrait provoquer une poussée de démangeaisons. Enfin, les caresses qui pourraient se transformer en souffrance sur une peau meurtrie sont autant de barrières bien difficiles à franchir. Tous ces facteurs permettent aisément de comprendre combien il est difficile pour une personne atteinte de cette maladie d’avoir une vie sexuelle épanouie.

Travail : la croix et la bannière
Malheureusement, la maladie complique également la vie professionnelle. Nombreux sont les malades qui vivent mal leurs entretiens d’embauche, par peur d’être jugés. Une fois dans l’entreprise, ils mènent un combat de tous les jours. L’épuisement suite à un sommeil perturbé par les démangeaisons peut jouer sur la concentration qui n’est pas toujours à son maximum, et peut provoquer irritabilité et hypersensibilité. D’autre part, la crainte de se gratter en réunion, l’impression que tout le monde vous regarde, la peur d’une crise qui obligerait la personne à sortir sont autant de facteurs qui rendent la vie professionnelle bien compliquée pour ces malades.

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