L’eczéma des bébés, on en parle ? Cette maladie, qui dure dans le temps, n’est pas seulement éprouvante pour l’enfant : les parents, confrontés au regard des autres et à leurs propres angoisses, sont aussi mis à rude épreuve.

Bien que ces derniers ne soient pas affectés directement par cette maladie, ils peuvent en subir les douloureuses conséquences : augmentation du stress (qui se répercute sur le nourrisson), jugement des proches, etc.

Cela peut également donner naissance à des situations quelque peu embarrassantes à vivre pour vous les jeunes parents, par exemple lorsque vous souhaitez constituer un bel album de famille et que l’eczéma de votre bébé vient jouer les trouble-fête.
Pas de panique, il existe des solutions !

Voici un petit guide de survie pour garder le sourire et ne plus laisser l’eczéma vous gâcher l’existence :

 

Arrêtez de culpabiliser

Si votre bout de chou souffre d’eczéma, rassurez-vous : il n’est pas un cas isolé. Un enfant sur cinq est concerné en France, et dans 95% des cas, l’eczéma se déclare avant ses 2 ans.

Les lésions sont la conséquences d’une altération de la barrière protectrice de la peau, qui devient très sèche et très sensible. Elle réagit donc de façon extrême à toutes les agressions : des plaques rouges et des démangeaisons apparaissent sur le visage et le corps. Elles seront généralement localisées sur le visage et les mains, mais aussi sur les avant-bras ou les cuisses pour les nourrissons, et sur les plis du corps (creux des coudes ou des genoux, arrière des oreilles) après 6 mois.

Il ne faut surtout pas chercher à qui est la faute ni croire ceux/celles qui vous disent que « l’eczéma, c’est dans la tête » ! Dans la plupart des cas, les causes de l’eczéma de votre bébé sont :

  • génétiques : 1 Français sur 10 environ présente un déficit en filaggrine, une protéine qui assure la bonne hydratation de la peau et la protège des agressions extérieures.
  • héréditaires : si les deux parents sont atteints d’eczéma, le bébé a plus de 70% de risques d’être aussi atteint par cette maladie inflammatoire chronique.
  • climatiques : l’hiver est redoutable pour les enfants. Le froid à l’extérieur et le chauffage, parfois trop fort, dessèchent considérablement la peau.
  • alimentaires : certains bambins réagissent mal au lait, aux œufs, à l’arachide…
  • environnementaux : les enfants peuvent être sensibles à certains produits irritants, comme des détergents par exemple.

Alors gardez le smile : c’est bon pour vous et aussi pour votre bébé, car il perçoit les émotions. Si vous stressez en permanence, vous allez le rendre nerveux.

Demandez conseil à un professionnel de santé

Dans une situation comme celle-là, surtout lorsque les lésions sont apparentes, l’entourage va vouloir donner son opinion. La famille, les amis, les relations… Chacun y va de son « bon » conseil avec l’envie d’aider. L’intention est louable, mais le résultat est souvent catastrophique : les avis sont contradictoires, ils accentuent le sentiment de « mal faire », et ils peuvent même semer la zizanie dans le couple quand les parents sont en désaccord sur le traitement à adopter.

Le bon réflexe à avoir est avant tout, dès les premiers symptômes, d’aller consulter votre pédiatre ou votre dermatologue. Vous serez beaucoup plus en confiance si vous avez l’écoute d’un professionnel de santé qui va prescrire un traitement adapté et efficace.

Car il y a des solutions !

Au quotidien

  • hydratez la peau avec une crème émolliente
  • pour la toilette de bébé, optez pour un pain dermatologique sans savon ou un lait spécial bébé
  • au moment du bain : ce moment de plaisir ne doit pas dépasser 10 minutes, et il doit se faire dans une eau tiède (de 34 à 36° environ). Pensez ensuite à bien rincer bébé et à le sécher doucement, par tamponnement, pour ne pas irriter la peau.
  • choisissez des vêtements adaptés : de préférence en coton et, pour des nuits plus sereines, le must reste le body apaisant Dooderm, car il contient du fil d’argent. Il faut savoir que 66% des enfants ayant une peau atopique dorment mal (ils perdent 46 minutes de sommeil par nuit en moyenne). Or, c’est justement la nuit que l’hormone de croissance est produite par l’organisme ! Il est donc important que votre bébé puisse avoir un sommeil de bonne qualité.
  • pour les lessives : optez pour le trio gagnant « zéro adoucissant » + lessive hypoallergénique sans phosphate + cycle long de rinçage.
  • enfin, n’oubliez pas couper et de limer si besoin les ongles de bébé pour qu’il ne se blesse pas en se grattant.

Parlez-en à votre entourage

Expliquez cette maladie à vos proches ! Dans la plupart des cas, ces derniers sont mal informés sur l’origine, les conséquences et le traitement de l’eczéma. Instaurez le dialogue, cela vous aidera à faire accepter et comprendre cette maladie autour de vous.

N’hésitez-pas également à échanger avec d’autres jeunes parents, cela vous permettra de partager votre mal-être et de déculpabiliser. Il existe de nombreuses façons de vous mettre en relation avec d’autres jeunes mamans ou jeunes couples : groupes Facebook, associations, groupes d’entraides, etc. Vous rencontrerez peut-être des parents traversant ou ayant déjà traversé cette épreuve, et vous aideront à atténuer vos petits tracas et angoisses du quotidien.

Encouragez l’autonomie de votre enfant

Le plus tôt possible, expliquez l’eczéma à votre enfant pour qu’il puisse s’approprier sa maladie et développer une bonne estime de lui-même, sans appréhender le regard des autres. La Fondation Dermatite Atopique propose une large sélection de jeux et de livres qui pourront vous aider dans cette démarche.

Apprenez-lui aussi par la suite à être autonome en appliquant lui même son traitement, cela vous permettra de gagner en sérénité quand votre enfant deviendra pudique.

Conseil bonus : parents, restez positifs ! La lutte contre l’eczéma ressemble à un marathon de longue durée mais il y a une bonne nouvelle : dans 80% des cas, la dermatite atopique disparaît quand l’enfant a dépassé l’âge de 4-5 ans. Et si elle est bien traitée, elle ne laisse aucune cicatrice.

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